Choisir un professionnel
Trois métiers souvent confondus, trois façons différentes d'accompagner un enfant en difficulté. Voici comment s'y retrouver et savoir par qui commencer.
Psychologue, pédopsychiatre, thérapeute familial : face à un enfant qui va mal après une séparation, beaucoup de parents ne savent pas vers qui se tourner en premier. Les trois métiers se recoupent parfois dans l'esprit du grand public, alors qu'ils répondent à des besoins différents, avec des formations, des approches et des modalités de remboursement bien distinctes.
Le psychologue est un professionnel titulaire d'un master en psychologie (titre protégé en France, encadré par la loi). Il n'est pas médecin et ne prescrit pas de médicaments. Son travail consiste à évaluer le fonctionnement psychique de l'enfant, l'accompagner par la parole, le jeu ou des supports adaptés à son âge, et aider la famille à comprendre ce qui se joue. C'est le professionnel le plus souvent indiqué en première intention pour un enfant qui traverse une séparation parentale, un conflit de loyauté, ou des troubles du comportement liés au contexte familial.
Le pédopsychiatre est un médecin spécialisé en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent. Contrairement au psychologue, il peut poser un diagnostic médical, prescrire un traitement médicamenteux si nécessaire, et intervenir dans les situations plus sévères : troubles anxieux marqués, dépression, troubles du comportement alimentaire, ou toute situation où une prise en charge médicale complémentaire à l'accompagnement psychologique est utile. Il est généralement sollicité en second recours, sur orientation d'un psychologue, du médecin traitant ou du pédiatre.
Le thérapeute familial ne travaille pas seulement avec l'enfant, mais avec le système familial dans son ensemble — parfois les deux parents et l'enfant, parfois toute la fratrie. L'approche systémique part du principe que les difficultés d'un enfant ne peuvent se comprendre isolément de la dynamique familiale globale. Cette option est particulièrement pertinente quand les tensions concernent autant la relation coparentale que l'enfant lui-même, ou quand plusieurs membres de la famille sont affectés.
Point de vigilance : le titre de « psychologue » est protégé par la loi et nécessite un diplôme reconnu (master 2 + stage professionnel), à la différence du terme « psychothérapeute », qui est un titre réglementé mais accessible par d'autres voies, ou « coach », qui ne l'est pas du tout. En cas de doute, l'ADELI ou le RPPS (répertoires officiels des professionnels de santé) permettent de vérifier l'inscription d'un praticien.
Dans la pratique, ces trois professionnels travaillent souvent en complémentarité plutôt qu'en exclusion : un psychologue peut très bien orienter vers un pédopsychiatre s'il identifie un besoin médical, ou proposer une séance familiale ponctuelle sans être lui-même thérapeute familial de formation.
Les modalités de prise en charge diffèrent nettement selon le professionnel consulté, ce qui pèse souvent dans le choix des familles :
Peut-on consulter un psychologue sans passer par le médecin traitant ?
Oui, en dehors du dispositif Mon Soutien Psy vous pouvez consulter directement un psychologue en libéral. Mais pour bénéficier du remboursement Mon Soutien Psy, un adressage par un médecin (généraliste, pédiatre ou psychiatre) est nécessaire.
Le pédopsychiatre peut-il remplacer le suivi psychologique ?
Il peut en assurer une partie, notamment l'aspect diagnostic et médical, mais la plupart des pédopsychiatres travaillent en parallèle d'un suivi psychologique régulier plutôt qu'en substitution complète, faute de disponibilité pour un suivi hebdomadaire.
Faut-il l'accord des deux parents pour consulter un professionnel ?
Le suivi psychologique d'un enfant relève des actes usuels dans la plupart des situations de coparentalité apaisée, et un seul parent peut donc l'engager. En cas de désaccord explicite de l'autre parent ou de tension marquée, il est plus prudent d'informer l'autre parent en amont, voire de solliciter son accord écrit.
Combien de temps dure généralement un premier suivi ?
Il n'y a pas de durée standard, mais un premier cycle de 6 à 10 séances permet généralement au professionnel de se faire une idée claire de la situation et d'orienter, si besoin, vers un autre type de suivi.
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