Étude · Chiffres clés 2024
Une étude France Stratégie / Ined, basée sur 753 000 enfants suivis sur près d'une décennie, chiffre précisément ce que la séparation change concrètement pour le niveau de vie de l'enfant — et pendant combien de temps.
On parle souvent de l'impact d'une séparation sur le niveau de vie des parents. Une étude récente de France Stratégie et de l'Ined s'est penchée directement sur l'enfant : quelle est la baisse réelle de son niveau de vie, combien de temps dure-t-elle, et qu'est-ce qui permet d'en sortir ? Les résultats, basés sur une base inédite de 753 000 enfants suivis entre 2011 et 2019, méritent d'être connus.
Selon cette note d'analyse publiée en janvier 2024, la séparation parentale se traduit par une baisse de niveau de vie de 19% en moyenne l'année de la rupture pour l'enfant concerné. Et cette baisse ne s'efface pas rapidement : elle reste encore de 12% cinq ans après la séparation.
Autrement dit, ce n'est pas un choc ponctuel qui se résorbe vite : pour une partie significative des enfants, c'est une nouvelle réalité économique qui s'installe durablement.
Le taux de pauvreté chez les enfants concernés par une séparation fait plus que doubler : il atteint 29% l'année de la séparation, et reste à 21% cinq ans après. C'est un basculement brutal pour beaucoup de familles qui n'étaient pas en difficulté financière avant la rupture.
Même les familles plus aisées ne sont pas épargnées : l'étude montre que la baisse touche des enfants de tous les milieux, modestes comme aisés — la mécanique est structurelle, pas seulement liée au niveau de revenu initial.
La baisse initiale est plus marquée pour les enfants qui résident principalement chez leur mère. Mais fait notable : cet écart disparaît au bout de cinq ans — la trajectoire économique finit par se rejoindre, quel que soit le parent chez qui l'enfant réside principalement.
Une remise en couple du parent qui a la garde principale fait disparaître la baisse de niveau de vie, grâce au retour d'un second revenu dans le foyer. Mais ce nouveau départ ne concerne qu'une partie des familles : seulement 30% des enfants sont dans cette situation six ans après la séparation. Pour les 70% restants, la baisse de niveau de vie continue de peser sur le quotidien.
Une partie de l'explication est mécanique : un couple qui se sépare doit désormais payer deux loyers, deux factures d'électricité, deux assurances là où un seul suffisait avant. Ce sont les économies d'échelle perdues — vivre à plusieurs sous un même toit coûte structurellement moins cher, par personne, que vivre séparément. Ce phénomène touche même les enfants des ménages les plus modestes, dont le niveau de vie baisse dès l'année de la séparation du seul fait de cette réorganisation du foyer.
De combien baisse le niveau de vie d'un enfant après une séparation ?
Selon l'étude France Stratégie / Ined de janvier 2024, la baisse est de 19% en moyenne l'année de la séparation, et reste encore de 12% cinq ans après — ce n'est donc pas un effet ponctuel qui s'efface rapidement.
Le taux de pauvreté augmente-t-il vraiment après une séparation ?
Oui, il fait plus que doubler chez les enfants concernés : 29% l'année de la séparation, encore 21% cinq ans après, contre un niveau de référence nettement plus bas avant la rupture.
La remise en couple d'un parent résout-elle ce problème ?
Elle efface la baisse de niveau de vie quand elle survient, grâce au retour d'un second revenu — mais cela ne concerne que 30% des enfants six ans après la séparation, laissant la majorité des familles durablement affectées.
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