Procédure
Ce n'est pas la procédure choisie qui protège le plus l'enfant, mais la manière dont le conflit parental est géré tout au long du processus.
Beaucoup de parents pensent qu'opter pour un divorce à l'amiable protège automatiquement leur enfant, et qu'un divorce contentieux lui fait nécessairement plus de mal. La réalité est plus nuancée : la procédure juridique choisie compte moins, pour l'enfant, que la manière dont le conflit parental est géré tout au long du processus.
Le divorce par consentement mutuel se fait par acte d'avocats déposé chez un notaire, sans passage devant le Juge aux Affaires Familiales (JAF) — sauf si l'enfant mineur demande lui-même à être entendu par le juge, auquel cas une homologation judiciaire redevient nécessaire. Le divorce contentieux (pour altération définitive du lien conjugal, acceptation du principe de la rupture, ou plus rarement pour faute) implique une procédure judiciaire devant le JAF, généralement plus longue et plus formalisée.
Les études en psychologie du développement convergent sur un point : ce n'est pas le type de procédure qui prédit le mieux l'adaptation de l'enfant à la séparation, mais le niveau et la durée du conflit parental auquel il est exposé, quelle que soit la voie juridique empruntée. Un divorce à l'amiable mené dans une ambiance de ressentiment étouffé et de tensions non dites peut être tout aussi éprouvant pour l'enfant qu'un divorce contentieux mené avec un minimum de retenue devant lui.
Point de vigilance : un accord "amiable" obtenu sous la pression, par lassitude ou par déséquilibre de rapport de force entre les parents n'est pas nécessairement plus protecteur pour l'enfant qu'une procédure contentieuse mais équilibrée. La qualité du processus compte davantage que son étiquette.
Cela dit, la procédure contentieuse comporte des facteurs de risque propres qu'il est utile de connaître :
Le divorce à l'amiable est-il toujours plus rapide ?
Généralement oui, un divorce par consentement mutuel peut se conclure en quelques mois quand les deux parties sont d'accord sur tous les points, contre potentiellement plusieurs années pour un contentieux complexe. Mais la rapidité n'équivaut pas automatiquement à moins d'impact sur l'enfant si le fond du désaccord reste non résolu.
Un enfant peut-il être entendu par le juge même en divorce à l'amiable ?
Oui. Un mineur capable de discernement peut demander à être entendu par le juge, ce qui entraîne alors le passage devant le JAF pour homologation, même dans le cadre d'un divorce initialement prévu par consentement mutuel.
Comment savoir si notre conflit nuit déjà à notre enfant, quelle que soit la procédure ?
Des signes comme le repli, les troubles du sommeil, la chute scolaire ou l'agressivité inhabituelle sont des indicateurs à prendre au sérieux, indépendamment du type de procédure choisi par les parents.
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